Le livre

Couverture du livre « Du bon usage de l'IA en médecine »

Essai — PUF — À paraître le 22 octobre 2026

Du bon usage de l’IA en médecine

Cet essai philosophique interroge sur les transformations irréversibles de la médecine à l’ère de l’intelligence artificielle. Ni technophobe, ni technolâtre, il propose une alternative qualifiée de médecine conviviale, inspirée de Günther Anders et Ivan Illich. Cette réflexion par le prisme de la médecine peut alors se transposer aisément à tous les autres corps de métier.

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L’argument du livre

La médecine sera bouleversée de façon majeure et irréversible par l’avènement de l’intelligence artificielle (IA). Les espoirs portés par la technologie témoignent de l’ambivalence de la relation qui pourrait s’établir avec elle. Cela conduit à une oscillation entre un humain augmenté par des outils technologiques le rendant toujours plus puissant et efficace, et un humain diminué, relégué au rang d’exécutant.

Dans la chaîne de soin, le maillon faible reste le soignant, sujet aux erreurs. C’est en réduisant ces risques que l’IA pourrait obtenir une immunité face au courant technocritique. Elle sera l’oracle des temps modernes pour le médecin qui la considérera comme un deus ex machina lui délivrant une vérité numérique. Les systèmes d’aide à la décision pourraient soulager le médecin du fardeau associé à la responsabilité.

Il y a cependant un piège dans cette main tendue. Le risque serait celui d’un soignant surpassé par une technologie dominante, source d’un aveuglement prométhéen par myopie prédictive, déficience visuelle et enfin cécité cognitive. Envahi par un sentiment d’infériorité face à ses créations plus perfectionnées que lui, il ne pourrait que prendre conscience d’une supraliminarité le poussant à abdiquer face à la machine.

Or, le soin se pense puis s’exécute. Dissocier celui-ci en confiant la pensée à l’IA et l’action au soignant aboutirait à une schizophrénie du care. Ainsi, débordé par les performances de l’outil technologique dont il a la paternité, le soignant sera à l’origine de sa propre obsolescence, ne conservant qu’un rôle figuratif en médecine.

Confrontée à cette contre-productivité où l’outil domine son utilisateur, la solution pourrait venir d’une approche philosophique pouvant être qualifiée de technosophie. Elle s’inscrit dans une possibilité de réconcilier une médecine se voulant toujours plus performante et la phronesis dans l’appréhension des nouvelles technologies.

Alors pourra se matérialiser un co-soin conjuguant humain et technologie, une acceptation de limites et la construction d’une médecine conviviale, centrée sur le bien commun.

Informations pratiques

L’ouvrage en bref

  • TitreDu bon usage de l’IA en médecine
  • AuteurCyril Goulenok
  • PréfaceCorine Pelluchon
  • ÉditeurPresses Universitaires de France (PUF)
  • Parution22 octobre 2026
  • GenreEssai — philosophie de la médecine & éthique de l’IA